Identification visuelle de la campagne « Invisibiliser c'est discriminer », Heather Lynn, 2022.
Impossible d’évoquer l’année 2022 sans souligner le 40ᵉ anniversaire de la Journée de visibilité lesbienne (JVL), célébrée pour la première fois en 1982 à Montréal. Pour l'occasion, le RLQ décidera d'entreprendre un important travail archivistique afin de retracer la genèse de toutes les éditions de la JVL, en rapatriant ses archives dans le but d’en constituer un historique complet.
Pour marquer cet anniversaire historique, le RLQ déploie sa première campagne nationale de mobilisation, à la fois sur le web et dans l’espace public, sous le thème « Invisibiliser, c’est discriminer ». Diffusée dans plusieurs villes par le biais d’affichage sauvage, la campagne vise à encourager la visibilité lesbienne et à dénoncer explicitement les discriminations et manifestations de lesbophobie vécues par les lesbiennes.
À compter de 2022, la Journée de visibilité lesbienne sera désormais célébrée en avril, afin de faire écho aux mobilisations internationales du 26 avril, soulignées notamment en Belgique, en Colombie, en Espagne, en Suisse, en Équateur, en France, en Italie, au Mexique, au Pérou et au Venezuela.
La campagne culmine le 23 avril 2022, avec l’organisation de la JVL à Montréal et l'illumination du Stade olympique aux couleurs du drapeau lesbien ! Plus de 200 personnes se rassembleront pour célébrer et réfléchir aux enjeux de visibilité à l'Idéal bar & contenus pour les célébrations, aux côtés de l’humoriste Coco Belliveau à titre de porte-parole, les prix JVL 2022 seront remis à Nicole Brossard (Hommage), Sarahmée (Visibilité) et Johanne Coulombe (Militantisme).
« L’absence de visibilité dans les médias et la sphère publique est signe qu’une forme de discrimination subsiste à l’égard de la communauté lesbienne. (…) À la croisée du sexisme et de l’homophobie se trouve la lesbophobie — un mot qu’on entend encore trop peu pour décrire une réalité qu’on voit malheureusement trop souvent. Omettre que des discriminations spécifiques subsistent, c’est perpétuer la stigmatisation associée au mot lesbienne, encore souvent érotisé, nié, rejeté, voire caché. »
Julie Antoine
Rapport annuel 2021-2022
L’année 2022 marque également le lancement de la chaîne balado du RLQ, inaugurée lors de la Journée internationale des droits des femmes avec l’épisode « L’avenir est-il féministe ? ». Depuis, plus d’une douzaine d’épisodes ont été réalisés.
Le RLQ amorce aussi son implication sur Wikipédia afin de combler le manque d’articles portant sur l’histoire et la culture des personnes lesbiennes. À ce jour, plus d’une trentaine d’articles ont été rédigés sous la plume de notre archiviste afin de documenter ces parcours et ces mémoires.
Les célébrations du 25ᵉ anniversaire du RLQ (1996–2021), reportées en raison de la pandémie, ont lieu en juin 2022. Trois panels souligneront le parcours du seul organisme œuvrant spécifiquement à la défense collective des droits des lesbiennes au Québec, et un prix Hommage sera remis à Monik Audet.
Ces célébrations marqueront également le prélancement d'un des projets les plus ambitieux du RLQ, soit la publication du premier tome de l’anthologie Archives lesbiennes : d’hier à aujourd’hui, un important chantier de mémoire amorçant l’un des projets phares du RLQ en matière de transmission et de documentation des parcours lesbiens.
Durant l’été, le RLQ tient la deuxième édition du BBQ lesbien, réunissant 450 personnes au Centre communautaire LGBTQ+ de Montréal.
À la suite de l’annulation du Défilé de Fierté Montréal, le RLQ participe à la marche manifestive organisée en réponse à cette décision et adresse une lettre à la direction de Fierté Montréal concernant la place des lesbiennes au sein des festivités.
À l’automne, le RLQ investit la Fête Arc-en-ciel de Québec avec sa participation à plusieurs activités : journée communautaire, marche de la fierté, brunch organisé avec le Collectif Plurielles et l’organisation d’un panel sur la visibilité lesbienne réunissant Jani Barré, Sheba Akpokli et Caroline Deschênes.
L’année se conclut avec le lancement du livre Viens t'asseoir, laisse la porte ouverte de Diane Trépanière au Centre communautaire LGBTQ dont le RLQ est partenaire ainsi que la sortie du documentaire AHLA : 40 ans plus tard, produit par le RLQ et réalisé par Julie Vaillancourt, projeté au Festival Image+Nation 2022.
Le film propose un retour sur le collectif Amazones d’hier, Lesbiennes d’aujourd’hui (AHLA), à l’origine de la vidéo tournée en 1979 et de la revue publiée entre 1982 et 2014. À travers des entretiens réalisés en 2021 et des images d’archives, le documentaire met en lumière les membres fondatrices : Gin Bergeron, Ariane Brunet, Louise Turcotte et Danielle Charest (1951-2011) et rappelle l’importance de documenter nos existences.