Histoire JVL

Histoire JVL

Journée de la visibilité lesbienne

La première Journée de visibilité lesbienne, parfois appelée aujourd’hui sous l’acronyme JVL, est créée à Montréal, Québec, Canada, en mars 1982.
 
Par la suite, jusqu’en 1992, la Journée aura lieu en octobre de chaque année. Après 1992, elle aura lieu le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes.

En 2004, le comité visibilité lesbienne de Gai Écoute (aujourd’hui Interligne) est créé dans le but d’accroitre la visibilité des lesbiennes dans la société (Vaillancourt, 2009).

Depuis 2019, elle est organisée annuellement, au Québec, le premier week-end de juin, par le Réseau des lesbiennes du Québec.

Cette journée, qui vise à souligner la visibilité « lesbienne », désire mettre de l’avant les enjeux des femmes de la diversité sexuelle, celles qui s’identifient comme LGBTQ+. C’est un moyen de mettre de l’avant leurs propres enjeux, souvent invisibilisés au sein des diverses manifestations LGBTQ+ locales et internationales.

Genèse et contexte historique

L’école Gilford. Le sous-sol de cette école primaire désaffectée fut, pendant près de dix ans, le seul lieu, outre les bars, où les lesbiennes pouvaient se retrouver. Ce fut à la fois un espace de travail, de réflexions, d’analyses et un laboratoire créatif pour plusieurs artistes, militantes et artisanes. Chaque année, une Journée de visibilité lesbienne s’y tenait.

En 1982, la première Journée de visibilité lesbienne a lieu à Montréal en mars, sous le thème «lesbiennes et solidaires». Forte de son succès, la journée est reprise en octobre 1982 sous le thème « lesbiennes visibles l’une à l’autre». Ceci donnera lieu à la Journée de visibilité lesbienne en octobre de chaque année, jusqu’en 1992.

En 1993, la fermeture de l’école Gilford est un coup dur pour la communauté lesbienne montréalaise, privant par le fait même les femmes d’un lieu significatif d’appartenance. Ce contexte sera notamment tributaire de la création du RLQ, quelques années plus tard, en 1996.

Assurer la pérennité de la journée

À diverses époques, la Journée de visibilité lesbienne sera organisée par divers organismes.

En 2004, le comité visibilité lesbienne de Gai Écoute est créé dans le but d’organiser annuellement des colloques sur la visibilité lesbienne (Vaillancourt, 2009).

Le comité mettra au jour un important colloque pour la visibilité lesbienne, dont le premier aura lieu le 8 mars 2005 à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Gai Écoute (aujourd’hui Interligne) se chargera de l’événement jusqu’à la fin de la première décennie des années 2000, confiant temporairement le flambeau au GRIS-Montréal en 2008. 

D’ailleurs, en 2008 aura lieu la remise du premier Prix contribution à la visibilité des lesbiennes à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) (AlterHéros, 2008).

C’est nécessairement dans cette lignée historique que le Réseau des lesbiennes du Québec, conjointement avec le Centre de Solidarité lesbienne (CSL), organisera annuellement, plus tard, dans les années 2000, la Journée de visibilité lesbienne.

Depuis 2019, la Journée de Visibilité Lesbienne est organisée par le Réseau des lesbiennes du Québec.

Journées de visibilité lesbienne tenues à Montréal dans les années 2000

2005

Le 8 mars 2005 « Les lesbiennes sortent! Colloque sur la visibilité lesbienne dans la société québécoise suivi d’une courte soirée artistique au Centre Saint-Pierre à Montréal (Gai Écoute, 2005).

2006

Le 2 mars 2006 : Être visible, hier et aujourd’hui Colloque organisé par Gai Écoute à Sala Rossa, 4848, boul. Saint-Laurent, Montréal

Le comité propose, pour une deuxième année de suite, un colloque portant sur la visibilité lesbienne. Cette année, le thème retenu est la visibilité, hier et aujourd’hui. « Plusieurs lesbiennes dans la force de l’âge ont beaucoup à apprendre aux plus jeunes sur leurs expériences, leurs combats et la réalité d’être lesbienne au grand jour à une époque où tout était à inventer. Les plus jeunes ont aussi des choses à dire sur leurs réalités, leurs rêves, leurs peurs. Nous engagerons ensemble un dialogue intergénérationnel et interculturel pour être plus fortes et visibles dans notre société », explique madame Magali Deleuze, vice-présidente de Gai Écoute (CDEACF, 2006).

2007

Le 8 mars 2007 sous le thème « visibilité lesbienne » au bar le Drugstore, lors de la journée de la femme. « Le 8 mars dernier avait lieu le colloque lesbien qui se tient chaque année lors de la journée de la femme. Cette année, le thème était la « visibilité lesbienne ». Par les années passées, l’organisme Gai Écoute organisait ce colloque, mais le GRIS Montréal prenait la relève cette année.

Monik Audet de la Commission des droits de la personne est venue présenter un rapport paru récemment sur l’égalité sociale des lesbiennes et des gais. Un kiosque organisé par Amy Skinner de la boutique Mad’Âme. La revue Treize, spécifiquement pour lesbiennes, présentait la nouvelle édition de son magazine trimestriel. Johanne Gaudreault, vice-présidente de la coalition gaie et lesbienne du Québec et membre du Conseil d’administration d’ÉGALE Canada, était sur place pour nous informer à propos de ces deux organismes. Les Loisirs Sacré-Cœur avaient un kiosque bien rempli et nous invitaient à nous inscrire pour participer à des activités entre femmes. Pour les jeunes, un kiosque de Jeunesse Lambda et sa filiale Athéna pour jeunes lesbiennes a amené un vent de fraîcheur par la personne d’Alice Brassard, une jeune allosexuelle prometteuse (Brousseau, 2007).

2008

Le 8 mars 2008, ce qui s’annonce comme le 4e colloque sur la visibilité lesbienne a lieu sous le thème La place des lesbiennes dans les médias au Centre Saint-Pierre.

« Pour la quatrième année consécutive, Gai Écoute organisera, en collaboration avec le GRIS-Montréal, un événement marquant pour promouvoir la visibilité lesbienne lors de la Journée internationale des femmes, le samedi 8 mars 2008. Sous le thème «Fortes, fières, influentes et plurielles», un colloque, qui prendra forme autour de deux tables rondes, lancera la réflexion sur la place des lesbiennes dans les médias » (Cyr, 2008

Une cinquantaine de personnes ont assisté au débat sur la visibilité des lesbiennes dans les médias où prenaient part Catherine Bélanger, Julie Vaillancourt, Nathalie di Palma, Monique Audet, Laure Neuville, Gloria Escomel et Line Chamberland.

Ironiquement, c’est dans un black-out total (dû à une panne électrique) que le 4e colloque sur la visibilité lesbienne s’est terminé, la journée. Au beau milieu de la 2e table ronde où trois journalistes invités par Gai Écoute et Gris-Montréal suggéraient des moyens qui pourraient être pris pour augmenter la visibilité lesbienne dans les médias, l’assistance a été plongée dans le noir!

Le panel des journalistes, quelques minutes avant le black out : Julie-Maude Beauchesne (AlterHéros), Magali Deleuze (Gai Écoute), Denis-Daniel Boullé (Le Fugues), Laure Neuville (Treize).

Remise du premier Prix contribution à la visibilité des lesbiennes à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) par le maire de l’arrondissement Ville-Marie, Benoît Labonté, au nom de Gai Écoute. « On ne pourra pas m’accuser d’accepter des invitations afin d’être exposé au grand public », a-t-il lancé à la blague, dans le noir, à la lueur des quelques flashs d’appareils photos immortalisant la scène, avant de remettre le prix à Monik Audet, de la CDPDJ.

Par la remise de ce prix, Gai Écoute souhaite souligner le travail de lutte de la Commission, notamment contre la discrimination des lesbiennes dans leur milieu de travail, lequel a produit l’année dernière le rapport De l’égalité juridique à l’égalité sociale, vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie.

Remise du prix Visibilité lesbienne 2008 de Gai écoute par le maire de l’arrondissement Ville-MarieBenoît Labonté à Monique Audet de la CDPDJ. Au centre, Magali Deleuze, Vice-Présidente de Gai Écoute.

2009

8 mars 2009 : « les communautés ethnoculturelles et autochtones » au Cégep Maisonneuve. 

« L’ethnoculturalisme de ce cinquième colloque sur la visibilité lesbienne n’est pas sans rappeler l’hypermédiatisation récente entourant les accommodements raisonnables. Or, dès sa création en 2004, le comité visibilité lesbienne de Gai Écoute avait déjà fait consensus sur la question : «Lors du premier colloque que l’on a fait il y a 5 ans, on avait établi pourquoi nous étions invisibles et dans quels secteurs nous l’étions davantage. Plusieurs thèmes étaient ressortis comme les médias, le travail, la famille et les communautés ethnoculturelles. Chaque année, on essayait de traiter l’un de ces thèmes, mais on n’était pas prêtes à parler de lesbo-culturalisme il y a deux ou trois ans.» explique Magali Deleuze, vice-présidente de Gai Écoute et responsable du colloque (Vaillancourt, 2009). 

Plusieurs invités prirent la parole dont le journaliste Denis-Daniel Boullé pour discuter des problématiques des lesbiennes face à l’immigration, au statut de réfugiée et à leur intégration dans la société d’accueil. S’il était invité l’an dernier pour discuter des médias, flatté et gêné, il questionne sa présence. Il intitulera son article paru dans le Fugues du 23 février 2009  « Pourquoi vous êtes concerné par la Journée de visibilité lesbienne… » (Boullé, 2009)

2011

1er octobre 2011 : Lesbiennes… tolérées ou acceptées ? a lieu à la Maison des Familles de Mercier-Est, 700, rue Georges Bizet, à Montréal. 

La journée de la visibilité lesbienne, qui se déplace cette année au 1er octobre, s’interroge sur un sujet fort à propos : les lesbiennes sont-elles tolérées ou acceptées? «Nous croyons que parce que les lois ont changé, nous avons notre place. Cependant, ce n’est pas parce que nous avons la reconnaissance légale que nous avons la reconnaissance sociale!» Suzie Bordeleau, coorganisatrice et intervenante au Centre de Solidarité lesbienne.

Mona Greenbaum présentera un premier atelier sur les familles homoparentales. Le deuxième atelier touchera les jeunes lesbiennes, tandis que le troisième, animé par Oldirne Jules (Arc-en-ciel d’Afrique), se penchera sur le côté ethnoculturel et sur l’acceptation et la tolérance à l’intérieur même des diverses communautés culturelles.

Se termine sur une soirée de danse en collaboration avec les Dames de cœur. (Vaillancourt, 2011).

2013

5 octobre 2013 : thème « d’une génération à l’autre » au Centre Saint-Pierre, à Montréal.

Conférence sur l’homoparentalité, avec Kim Griffin et Francine Laporte. La deuxième conférence, portant sur les réalités ethnoculturelles, fut présentée par trois lesbiennes d’âges et d’horizon différents (Florence François, Patricia Jean, et Alein Ortegon). Monik Audet, animatrice des conférences, a expliqué la difficulté du comité organisateur de trouver des lesbiennes dans la cinquantaine provenant de communautés culturelles : «Toutes ont refusé», a-t-elle précisé. 

La troisième et dernière conférence portait sur les bars et de la vie nocturne lesbienne. Trois conférencières sont venues lever leur verre sur le sujet : d’abord la géographe Julie Podmore est venue présenter une cartographie des bars lesbiens à Montréal. Ensuite, deux tenancières de bars lesbiens, d’époques différentes, sont venues témoigner de leurs expériences, à commencer par Danielle Villeneuve, propriétaire du bar O’Side, sur la rue Saint-Denis, de 1994 à 1999. Puis Laurence Berkani est venue discuter de comment elle en est venue à s’investir dans le bar Royal Phoenix avec ses copropriétaires. 

C’est aussi l’occasion pour divers organismes de présenter leurs services, avec la foire aux kiosques, qui présentaient de nombreuses initiatives et organismes lesbiens dont, Le centre de solidarité lesbienne (CSL), GRIS-Montréal/Mauricie/Centre-du-Québec, Gai Écoute/Fondation Émergence, le Réseau des lesbiennes du Québec, les Archives lesbiennes du Québec, le Centre des femmes de Verdun, le CJMLH, LSTW, Lez Elles, Arc-en-Ciel d’Afrique, l’institut Simone de Beauvoir, la Chaire de recherche sur l’homophobie (Vaillancourt, 2013). 

Un bel exemple de réussite est visible lors de la Journée de visibilité lesbienne, organisée par le Centre de Solidarité lesbienne (CSL) et LSTW, qui présentait des conférencières de tous âges (Vaillancourt, 2013).

2014

Sous le thème « diversifiée au féminin » cette journée du 4 octobre 2014 se déroule à la cinémathèque québécoise et est organisée par le Centre de solidarité lesbienne (CSL) et GRIS Montréal et se veut « Une occasion de découvrir les associations, établissements, entreprises, artistes, artisanes et femmes qui s’impliquent et innovent dans notre diversité au féminin. De plus, c’est l’occasion de s’imprégner des batailles menées, de découvrir également les réalités de diverses lesbiennes et de célébrer les réussites des femmes de notre communauté » (Fugues, 2014)

Y fut présentée une conférence sur l’histoire proposée par Line Chamberland, avec des témoignages par Nicole Lacelle et Marie-Michelle Godbout. En début d’après-midi, des femmes en couples viendront témoigner de leurs expériences, soit Marie-Ève Baron-Giroudeau et Claire Giroudeau-Baron ainsi que Geneviève Proulx et Jessica Richard. Elles raconteront leurs parcours et discuteront de comment elles s’identifient par rapport à la communauté lesbienne. Ceci mettra la table, à une discussion ouverte à toutes les femmes présentes à la journée, soit une plénière sous forme de débat, qui questionnera le nom même de la journée dans le but d’être plus inclusif aux multiples réalités de la visibilité lesbienne (femmes bisexuelles, trans, queer, etc.), explique Monik Audet, qui animera la journée en question. 

Une soirée-bénéfice en support à la Journée de visibilité lesbienne sera organisée par Lez Spread The Word à la Porte Rouge, le 26 septembre 2014 (Vaillancourt, 2014).

Les 4 conférencières de cette journée : Jessica Richard, Geneviève Proulx, Marie-Eve Baron et Claire Giroudeau Baron, accompagnées de Rosalie.

2016

En 2016, la Journée de visibilité lesbienne se tient le 14 mai, à l’Écomusée du Fier Monde. C’est sous le thème interrogateur du « Qui suis-je? », que se présente cette journée qui vise l’inclusion de toutes les réalités lesbiennes. « La multiplication des étiquettes sexuelles suscite plusieurs débats et tend à diviser notre communauté. Nous sommes fières de vous présenter cette nouvelle édition avec comme partenaire principal Fierté Montréal. Nous avons à cœur d’être plus inclusives pour les femmes qui aiment les femmes et ainsi de rallier le plus de personnes possible. » Mentionne l’évènement Facebook (CSL & RLQ, 2016).

Organisé par le Centre de solidarité lesbienne (CSL), en collaboration avec le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ), puis en partenariat avec Fierté Montréal, la journée se veut « être la plus inclusive possible pour les femmes qui aiment les femmes, alors le Qui suis-je? s’est imposé », explique d’entrée de jeu Marjolaine Landry, responsable du projet au CSL . 

Comme les années précédentes, des kiosques d’organismes issus de la communauté LGBTQ+ québécoise sont présents tout au long de la journée, mentionnons entre autres, la Chaire de recherche contre l’homophobie, le GRIS Montréal, le RLQ, le CSL, LSTW, le Conseil québécois LGBT, Image + Nation, etc. (Vaillancourt, 2016).

2017

13 mai 2017 : mythes ou réalités?

C’est sous un thème porteur de démystifications que se tient la Journée de visibilité lesbienne, du 13 mai 2017, à l’Écomusée du fier monde. Organisée en collaboration avec le Réseau des lesbiennes du Québec et le Centre de Solidarité lesbienne. « Sous le thème Mythes ou réalités?, nous allons démystifier tout ce qui a trait aux relations interpersonnelles, autant au niveau du couple, de l’amitié que des relations sexuelles, sans oublier les réalités des aînées», explique d’entrée de jeu Jessie Bordeleau, présidente du Réseau des lesbiennes du Québec.

La journée débute avec la conférence intitulée « Et après 60 ans? », qui explore cette réalité tant au niveau du couple, que du célibat. La deuxième conférence porte sur la « Santé sexuelle: ce qu’il faut savoir », puis la dernière conférence se fera sous le thème « D’une relation à l’autre » avec 6 panélistes, soit « un couple, une famille homoparentale et un ancien couple devenu ami », explique Jessie (Vaillancourt, 2017).

C’est l’illustratrice Josiane Boulet qui crée le dessin exposant le thème de la journée de l’année 2017 : « Mythes ou réalités? » 

Dans une vidéo produite par le Réseau des lesbiennes du Québec, Jessie Bordeleau, la présidente de l’organisme à l’époque, effectue un retour sur la Journée de visibilité lesbienne du 13 mai 2017, tenue à Montréal, à L’Écomusée du fier monde. La vidéo présente un tour d’horizon et les questionnements pertinents liés à la communauté lesbienne.

D’ailleurs, en 2017, au sujet de la visibilité lesbienne, Julie Antoine, directrice générale du Réseau des lesbiennes du Québec conclut à ce sujet que les lesbiennes « ne sont pas assez visibles et ont tendance à s’isoler » (Vaillancourt, 2017)

2018

6 mai 2018 : « Annales lesbiennes »

En 2018, la Journée de visibilité lesbienne a lieu à l’Écomusée du fier monde et est organisée en partenariat avec le Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) et le Centre de solidarité lesbienne (CSL).

Plusieurs conférences seront présentées, dont celle de Line Chamberland, sociologue, professeure et titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM, qui viendra discuter de l’histoire du mouvement lesbien, en s’inspirant notamment de son ouvrage Mémoires lesbiennes, paru aux Éditions du remue-ménage en 1996 (ACFAS) (Fédérations des maisons d’hébergements pour femmes, 2018) .

« Le comité organisateur de la journée désirait aborder l’histoire politique des femmes, tout en abordant la sexualité. Annales étant un synonyme d’histoire, il permettait aussi de souligner un caractère plus tabou de la sexualité féminine. Le terme a quelque chose de provocateur, mais la sexualité sera abordée de façon positive tout en offrant des ateliers de démystification sur le sujet, sans oublier la prévention, la sensibilisation et l’éducation ». Ainsi, afin de souligner ce « double sens » de la thématique, deux ateliers sur le sexe anal seront prodigués par Marie-Édith Vigneau, dans un environnement sécuritaire (Vaillancourt, 2018). 

Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) était l’invitée d’honneur de cette journée « car elle représente les femmes au niveau de la FFQ. C’est une occasion de la présenter, de parler d’inclusion et de discuter des combats féministes, qui ne sont pas terminés et la JVL est un lieu de rassemblement afin de discuter des enjeux actuels », explique Julie Antoine, directrice générale du RLQ, membre du comité organisateur de la JVL (Vaillancourt, 2018).

2019

Nouvelle formule

En 2019, la JVL est exclusivement organisée par le RLQ, avec le Centre de solidarité lesbienne (CSL) et Lez Spread The Word (LSTW) comme partenaires médiatiques.

La librairie féministe L’Euguélionne et la boutique de vêtements de sport Lululemon – Le local, se joignent à la JVL en tant que partenaires des activités. Elle a lieu au Never Apart à Montréal, avec l’apport financier de la Banque TD.

La journée se déroule le samedi 1er juin. Une série d’activités sont proposées (yoga, atelier de lecture en famille, 5-7 festif), notamment un panel intergénérationnel, avec des militantes de la première heure : Myriam Fougère (à qui l’on doit le « road movie » féministe Feminista), Laura Yaros (qui a fait partie de divers groupes LGBT juifs à Montréal), Monique Lavoie (travailleuse sociale, journaliste et romancière originaire d’Uruguay) et Johanne Coulombe (militante).

La librairie féministe L’Euguélionne et la boutique de vêtements de sport Lululemon – Le local, se joignent à la JVL en tant que partenaires des activités. Elle a lieu au Never Apart à Montréal, avec l’apport financier de la Banque TD.

Ton petit look

Lez spread the word

Avec la remise des Prix JVL, le Réseau des lesbiennes du Québec désire souligner l’apport, l’implication et le travail de femmes importantes qui n’ont pas hésité à s’afficher pour mettre de l’avant les enjeux des femmes de notre communauté. La journaliste Judith Lussier se mérite le Prix visibilité lesbienne alors que Line Chamberland, titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie et professeure à l’UQAM, se mérite le Prix hommage, pour l’ensemble de son œuvre.

L’édition 2019 marque aussi la venue d’une nouvelle formule, avec une porte-parole pour l’évènement, l’auteure-compositrice-interprète québécoise Safia Nolin, qui est ouvertement lesbienne. C’était dur à l’époque, et ça continue de l’être aujourd’hui, renchérit-elle. « Juste le titre m’attire : parce qu’on manque de visibilité. C’est une étiquette qui n’est pas évidente pour tout le monde à porter (…) [L’étiquette lesbienne], moi, ça m’a pris des années à la porter… ». 

Fugues

La presse

Si la genèse de cette journée remonte à 1982, le Réseau a été pour sa part créé en 1996. « Malgré leurs décennies d’existence, ces deux initiatives demeurent pourtant méconnues. Normal. On parle rarement des lesbiennes dans les grands médias. (…) Et lorsque l’invisibilité lesbienne passe sous le signe de la visibilité, le prix à payer peut-être élevé pour celles qui sortent de l’ombre. Safia Nolin en sait quelque chose. » expliquent Julie Vaillancourt et Julie Antoine dans une lettre ouverte parue dans le quotidien La Presse et appuyée par plusieurs signataires, dont Safia Nolin elle-même.

Le fait de devenir visible de par cette journée vaudra à Safia Nolin nombre de commentaires lesbophobes. C’est souligner l’importance d’une Journée comme celle-ci (Antoine & Vaillancourt, 2019).

2020

Journée de la visibilité lesbienne, en ligne!

En raison de la crise sanitaire liée à la COVID-19 qui empêche les rassemblements au Québec, le Réseau des lesbiennes du Québec décide de maintenir la Journée de visibilité lesbienne 2020 en juin prochain, sous forme d’une programmation en ligne! Parce qu’il est plus que jamais important de donner de la visibilité aux femmes de la diversité sexuelle, et aussi, parce que distanciation physique ne veut pas dire distanciation sociale.

Cette année, la Journée de visibilité lesbienne aura lieu en ligne sur 2 jours, soit les 6 et 7 juin. L’événement physique qui devait avoir lieu est remis à une date ultérieure.

L’artiste Safia Nolin se joint pour une 2e année consécutive comme porte-parole de l’évènement, avec comme partenaires, la Banque TD et le Never Apart.