Doublement discriminées

Flyer du spectacle « Rebelles un jour, rebelles toujours », 7 décembre 1996.

2003

Doublement discriminées

Pour la visibilité des lesbiennes, 2003 constitue sans doute une année charnière, notamment avec la création du comité de visibilité lesbienne de Gai-Écoute (aujourd’hui Interligne). Ce comité, sur lequel le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ-QLN) siège avec d’autres organismes représentant les lesbiennes, sera tributaire de la création des premiers colloques sur la visibilité lesbienne.

« L’invisibilité des lesbiennes dans la société québécoise et jusqu’à un certain point dans la communauté gaie est devenue, de l’avis de plusieurs d’entre nous, un problème majeur pour l’épanouissement des lesbiennes et plus généralement pour celui de nos organismes. La difficulté à trouver une lesbienne, femme publique, comme porte-parole d’un organisme gai, n’est que le reflet d’une invisibilité plus large des lesbiennes dans la société québécoise. » – Document de travail du comité de réflexion sur la visibilité des lesbiennes au Québec, 24 août 2004.

C’est aussi en 2003 qu’est célébrée la toute première Journée de lutte contre l’homophobie au Québec (aujourd’hui nommée la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie), initiée par la Fondation Émergence, le 4 juin 2003.

Photo du Congrès de Fondation I – Assemblée Générale, 8 décembre 1996.

Au niveau politique, alors que viennent poindre les élections fédérales d’avril 2003, le RLQ est signataire, avec d’autres groupes de femmes, de la plate-forme électorale pour l’égalité des femmes « Les enjeux concernant l’égalité des femmes et des hommes et l’égalité des femmes entre elles : engagement pour une société juste et solidaire », un document contenant près de 60 recommandations à formuler aux partis politiques en campagne.

« Si, en tant que femmes, nous avons acquis certains droits à force de luttes et de revendications, nous pouvons affirmer qu’il n’en est pas de même pour toutes les femmes. Plusieurs d’entre nous subissent de la discrimination (…) amplifiée par le silence, la minimisation de son importance, voire l’oubli qui se profile autour des réalités que vivent les femmes doublement discriminées. » – Tiré de la plate-forme pour l’égalité des femmes, auteur·rices multiples, mars 2003.

Du côté des enquêtes, en plus de poursuivre celles déjà amorcées (« Les droits clandestins » et « Vieillir en étant soi-même»), le RLQ siège sur le comité de santé lesbienne de l’enquête « Pour le dire… Adaptation des services sociaux et de santé aux besoins des lesbiennes », initiée par le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF). Cette enquête, publiée en mai 2003, fait état de six recommandations à l’endroit du gouvernement québécois concernant l’adaptation des services sociaux et de santé à l’égard des lesbiennes.

« Une (…) analyse des entrevues a mis en lumière les obstacles ou barrières que rencontrent les lesbiennes dans les services sociaux et les services de santé, qui sont de cinq types : discrimination hétérosexiste et lesbophobe; ignorance et manque de compétence des professionnels et professionnelles de la santé; lesbophobie et hétérosexisme intériorisés; pauvreté; [et] isolement social. » – Tiré du rapport d’enquête « Pour le dire… Adaptation des services sociaux et de santé aux besoins des lesbiennes. » (RQASF, 2003, p.183)

Enfin, poursuivant son objectif de briser l’isolement des lesbiennes âgées, le RLQ constitue son groupe d’activités « Du plaisir pour les 50+ », groupe qui propose aux intéressées des déjeuners-causeries, des sorties culturelles, des activités sportives, des ateliers créatifs et bien plus.

« Égales à qui? »

2002

« Égales à qui? »

 Signet promotionnel du nouveau site web du RLQ, 2002.

Rappelons qu’en 1999, au niveau provincial, la définition de conjoint·e de fait s’était élargie aux couples de même sexe (projet de loi 32), et qu’en 2000, le projet de loi C-23 (Loi sur la modernisation de certains régimes d’avantages et d’obligations) venait élargir les obligations et les droits conférés des conjoint·es de fait à ceux et celles de même sexe (Réseau juridique du Québec, consulté le 10 septembre 2021) au niveau fédéral. Néanmoins, il faudra attendre juin 2002 pour que soit sanctionné le projet de loi 84 instituant l’union civile entre des personnes de même sexe, donnant par la même occasion le droit à l’adoption pour les couples homosexuels québécois.

Mémoire « Deux – Un droit au cœur de nos vies –  La reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe », par Irène Demczuk et Annick Gariépy de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Grand Montréal (TCGLM, aujourd’hui le CQ LGBT) en collaboration avec la  Coalition québécoise pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe, 1999.

À priori, le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ-QLN) avait formulé ses revendications dans son mémoire « Égales à qui? » en réponse à l’avant-projet de loi de 1999 (Projet de loi 32). Ce mémoire avait été constitué grâce aux consultations que le RLQ avait menées durant son colloque de 1998 sur le sujet. Au cours de la même année, le RLQ a été signataire du mémoire « Deux, un droit au cœur de nos vies », de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec (TCLGQ, maintenant le CQ LGBT)  et de la Coalition pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe, coalition dont faisait partie le RLQ jusqu’aux gains réalisés pendant l’année 2002.

Mémoire «Égales à qui ?» en réponse à l’avant-projet de loi instituant l’union civile des personnes de même sexe, modifiant ainsi le Code civil du Québec et d’autres dispositions législatives, présenté à la Commission des institutions de l’Assemblée nationale en janvier 2002.

Il est important de noter que l’union civile était originellement envisagée comme un statut conjugal réservé uniquement aux couples de sexes opposés. Heureusement, sa définition a été élargie lors de la sanction de la loi, et ce, grâce aux pressions de la communauté lesbienne et gaie du Québec.

Enfin, c’est au terme de cette année marquée par de grands changements législatifs que le RLQ lance son nouveau site web, hébergé par l’Association des lesbiennes et des gais sur internet (ALGI) pendant près d’une décennie.

Article du Montréal Métropolitain, « L’union civile est ouverte aux gais et aux hétérosexuels », le 26 avril 2002.

Couverture du Voir « J’ai deux mamans  – L’homoparentalité enfin reconnue par l’État », mai 2002.

« Vieillir en étant soi-même »

Appel de participation pour les entrevues dirigées du projet « Vieillir en étant soi-même », circa 2002.

2001

« Vieillir en étant soi-même »

Photo du RLQ au Sommet des Peuples des Amériques à Québec, avril 2001.

Poursuivant ses objectifs de mettre à l’avant-plan les enjeux vécus par les lesbiennes âgées, le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ-QLN) initie en 2001 sa première enquête. En collaboration avec l’Alliance de recherche IREF/Relais-femmes sur le mouvement des femmes québécoises (ARIR), l’enquête s’intitule « Le défi de l’adaptation des services résidentiels aux besoins des lesbiennes âgées », mieux connue sous son titre abrégé « Vieillir en étant soi-même ». Cette étude réalisée par  les chercheuses Line Chamberland et Johanne Paquin consiste, dans un premier temps, en une revue de littérature sur les lesbiennes âgées et, dans un second temps, à mener des entrevues avec des gestionnaires de services d’hébergement pour produire un rapport synthétisé sur la situation. Dans la continuité de ce projet, le RLQ débute ensuite des entrevues dirigées auprès de lesbiennes âgées vivant en résidence autonome dans le but de documenter leurs récits.

Durant cette même année, le RLQ organise des ateliers liés directement au projet «Vieillir en étant soi-même» dans plusieurs grandes villes canadiennes, en commençant par Ottawa lors de la conférence «La résistance des femmes, de la victimisation à la criminalisation», organisée par l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) et l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel (ACCCACS). Le RLQ se déplace ensuite à Saskatoon lors de la conférence « A health odyssey » du 519 Chruch Street Community Center (The 519).

Programme de l’expo-vente du temps des fêtes, décembre 2001.

Du 16 au 21 avril, le RLQ assiste au Sommet des Peuples des Amériques à Québec, soit une alternative au Sommet des Amériques, dans le but de contester la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) prônant, dans un contexte de mondialisation, des droits sans restriction auprès des investisseurs étrangers. En signe de protestation, le RLQ participe à la Marche des femmes pour la résistance et à la Grande Marche des peuples.

Photo prise durant l’expo-vente du temps de fêtes le 13 décembre 2001, tirée du bulletin d’information du RLQ, mars 2002.

Pour terminer l’année, le RLQ organise une expo-vente du temps des fêtes au Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal (aujourd’hui le CC LGBTQ+), où 13 exposantes lesbiennes présentent des photos, des aquarelles, des vitraux, des sculptures, des peintures et autres objets insolites.

« De l’Espoir à l’Horizon »

Dépliant de recrutement des membres « Quand les dames de cœurs [sic] décident de mettre des as dans leur jeu », circa 2000.

2000

« De l’Espoir à l’Horizon »

Nouvelle identité visuelle du RLQ, 2000.

Le nouveau millénaire s’amorce avec de nouveaux projets qui s’adressent spécifiquement aux besoins des lesbiennes aînées. On lance d’ailleurs un projet parapluie nommé « De l’Espoir à l’Horizon », qui s’étendra sur plusieurs années et ayant comme objectif, à court terme, le déploiement d’une ligne téléphonique de soutien aux lesbiennes aînées qui vivent de l’isolement. Malheureusement, cette action ne verra pas le jour, faute de moyens. Néanmoins, cela n’a pas freiné l’ambition du Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ/QLN) d’élargir son implication auprès des lesbiennes aînées dans de futurs projets.

D’ailleurs, c’est cette même année que le RLQ participe à titre de partenaire à une recherche, menée par l’Université McGill, intitulée « La recherche sur les besoins en santé et services sociaux des aîné-es gais et lesbiennes et de leurs familles : une exploration dans quatre villes canadiennes », publiée en 2006.

Le 23 septembre, à l’UQÀM, la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec (TCLGQ, devenu le Conseil québécois LGBT) organise un colloque intitulé « Nos communautés en marche » afin de préparer la venue de la 2e édition des États généraux de la communauté, prévue en 2004. Le RLQ a l’opportunité d’y donner un atelier sur la santé des lesbiennes, en collaboration avec Projet10 et Cap-Sida Montérégie, alimentant entre autres des discussions sur l’adaptation des services sociaux et des services de la santé, ainsi que sur le vieillissement des lesbiennes.

Des Québécoises à la Marche des femmes de New York, le 17 octobre 2000.

L’incontournable événement de l’année 2000 est sans conteste la Marche mondiale des femmes (MMF). Néanmoins, des modifications ont été apportées sans consultation des parties concernées : les « revendications lesbiennes » figurant au sein des revendications mondiales et nationales ont en effet été remplacées par le terme plus générique « orientation sexuelle ». De ce fait, le collectif Amazones d’hier, lesbiennes d’aujourd’hui (AHLA) se désiste, argumentant que « ce qui n’est pas nommé n’existe pas ».

« (….) Notre groupe a décidé de se retirer de la Coalition [contre la violence et la pauvreté/COCO-MMF] ainsi que de la Marche Mondiale. Cette décision est survenue après la lecture des documents concernant les revendications mondiales et nationales de la Marche. (…) Nous savions qu’il était impossible de revenir sur les termes des revendications 10 et 11 au niveau mondial. Par contre, nous avions pensé qu’il aurait été possible que les lesbiennes soient nommées dans toutes les revendications nationales. Il n’en est rien. » – Lettre de désistement d’AHLA à l’intention de la COCO-MMF, Christine Serra, circa 1999.

« La marche mondiale des femmes : à chaque jour son thème ».  La Presse, 10 octobre 2000. Photo : Alain Roberge.

Le RLQ a presque emboîté le pas, mais après réflexion, il prend la décision de tout de même participer aux marches de Washington, New York, Ottawa, Montréal, du Nord (Saint-Laurent) et enfin à celle de l’Est (Hochelaga), faisant une escale au Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal (aujourd’hui le CC LGBTQ+) afin d’y prononcer de vive voix les revendications lesbiennes préalablement choisies. Cette action fut accompagnée d’une lettre de déception dédiée aux entités concernées : « Il a toujours été clair, depuis le début de l’organisation de cette marche, que le RLQ était l’organisme représentant les lesbiennes. Or la façon dont certaines décisions regardant les revendications lesbiennes ont été prises ne semble pas respecter cet état de fait. Le texte de la revendication sur la discrimination envers les lesbiennes (…) a été mis de côté et la version finale des revendications lesbiennes n’a pas été approuvée par le RLQ.

Le texte inclus dans les revendications québécoises ne respecte en rien les propositions faites par nos membres lors des assemblées spéciales sur la question. » – Lettre de déception du RLQ adressée au COCO de la MMF, 19 novembre 1999.

La fin de cette année mouvementée donne lieu à la modification de l’identité visuelle du RLQ. En effet, le nouveau logo créé par Josée Bélisle sera adopté jusqu’en 2013.

Affiche promotionnelle de « La danse du Thé » au bar Sisters, 30 avril 2000.

« Grand succès pour la Marche des femmes : Un mouvement solidaire a pris forme », par Claudine Metcalfe, dans Fugues, novembre 2000.

Les droits clandestins

Affiche préliminaire du projet « Les droits clandestins » (phase 01), circa 2000.

1999

Les droits clandestins

Couverture du rapport d’enquête préliminaire (Phase 01), version longue, circa 2001

C’est à l’aube de l’an 2000 que le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ/QLN) initie sa première recherche intitulée « Les droits clandestins – Peur de passer pour », dans le but d’expérimenter une stratégie globale d’intégration de la réalité des lesbiennes dans les structures et activités d’organismes dédiés aux femmes. Ce projet se déroulera en deux phases et s’étalera sur plus d’une décennie. La première phase consistait à identifier les degrés d’ouverture des organismes concernés face aux besoins et aux réalités des femmes de la diversité sexuelle afin de relever les obstacles à leur pleine intégration. Le RLQ tentait ensuite de dégager des pistes de solution aux entraves liées à l’intégration de ces femmes dans ces organismes. L’objectif était de brosser un portrait des ressources disponibles, en plus de mener des ateliers d’éducation populaire sur le sujet. Le rapport de l’enquête de la première phase du projet est publié en juillet 2001  par Diane Bélanger.

C’est également cette même année que le RLQ emménage dans son premier bureau permanent au 477 St-François Xavier, tout près des anciens locaux de l’Association des Femmes Sourdes de Montréal (MFSM).

Captures de la rencontre planificatrice à la conférence lesbienne pancanadienne, février 2002.

Demande de subvention pour la conférence lesbienne
pancanadienne, juillet 2000. 

En décembre 1999, lors de la consultation sur l’égalité des genres par Condition Féminine Canada (aujourd’hui Femmes et Égalité des genres Canada), et plus précisément pendant un caucus lesbien,  le RLQ s’engage à marrainer un projet de conférence lesbienne pancanadienne d’ici l’automne 2003, constatant

« (…) l’urgence de permettre à des représentantes lesbiennes de tout le Canada de se rencontrer pour identifier les tendances, évaluer les questions émergentes et développer des plans et des stratégies pour remédier à l’invisibilité des lesbiennes dans les groupes de femmes, les groupes gais, les groupes de défense de l’égalité et dans toute la société . » – Afficher nos couleurs – conférence lesbienne pancanadienne, s.d.

Malheureusement, cette conférence n’aura jamais lieu malgré des efforts soutenus pendant près de six ans.

Lesbombe

Bulletin « Lesbombe », mars 1998.

1998

Lesbombe

Photo de la première rencontre préparatoire à la Marche mondiale des femmes (MMF), octobre 1998.

À la suite de la promotion de l’organisme à l’échelle provinciale, le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ/QLN) s’implique, dès 1998, sur ses premiers dossiers politiques.

Débute ainsi le lancement du premier site web officiel du RLQ (indexé sur la Toile du Québec), suivi du le lancement de son premier bulletin d’information intitulé « Lesbombe ».

En avril, le RLQ organise un colloque-débat accompagné d’ateliers sur la reconnaissance des conjointes de même sexe. Préoccupé par les changements législatifs à venir, le RLQ siège également à la Coalition québécoise pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe, organisation ayant fait pression sur le gouvernement de Lucien Bouchard pour le dépôt d’un avant-projet de loi de type omnibus sur la question des unions de fait :

« D’une part, nous avons cherché à dégager les principales implications pouvant découler d’une reconnaissance des conjointes de même sexe et de rendre cette information accessible. D’autre part, il s’agissait de consulter la communauté lesbienne afin de pouvoir émettre des recommandations à la prochaine assemblée générale. L’adoption de ces recommandations représentera la position officielle du RLQ/QLN sur cette question. » – Invitation à la journée de réflexion sur la reconnaissance des conjointes de même sexe, 1998.

Tract de la plénière « Citoyennes à part entière », décembre 1998.

Énoncé des revendications 10 et 11 concernant les droits des personnes homosexuelles. Collage du RLQ fait à partir des documents afférents à la MMF, circa 1998.

Le 18 octobre de la même année, le RLQ représente les lesbiennes à la première rencontre préparatoire de la Marche mondiale des femmes (MMF) de l’an 2000 pour y faire valoir des revendications spécifiques à celles-ci, abrégées plus tard sous les revendications mondiales #10 & #11.

C’est au terme de l’année, lors de la semaine de la citoyenneté, qu’a lieu la première assemblée générale officielle du RLQ. Elle s’insère dans le cadre de la plénière nommée « Citoyennes à part entière » se déroulant du 4 au 6 décembre. Une vaste programmation est proposée en dehors de l’assemblée afin d’offrir des activités d’ateliers-causeries, des projections vidéo, des ateliers de danse, des soirées de billard et même des parties de badminton!

Deuxième congrès de fondation

Cahier de programmation du « Congrès, Prise 2 », 14-15 juin 1997.

1997

Deuxième congrès de fondation

Invitation aux consultations pour le « Congrès, Prise 2 » intitulé « Pourquoi cette formule? », 1997.

Les 14 et 15 juin 1997 se tient le deuxième Congrès de Fondation du Réseau des Lesbiennes du Québec organisé par un second comité provisoire (CPRLQ II). Ce « Congrès, Prise 2 » a pour axe central l’adoption des statuts et règlements de l’organisme, ainsi que la mise au point de ses valeurs et objectifs.

Aussi, afin de planifier les orientations du futur Réseau et de dresser un portrait des besoins des lesbiennes au Québec, le CPRLQ II organise durant l’année 1997 des consultations régionales à Montréal, à Québec, en Estrie et en Montérégie, de même que dans les régions Chaudière-Appalaches,  Lanaudière, Laurentides et Mauricie.

Invitation au party-bénéfice « MeowMix » au profit du RLQ, 16 novembre 1997.

« Nous voulions pouvoir bénéficier des nombreux fruits de ces réflexions pour connaître le pouls de la communauté quant aux orientations et aux actions que devrait porter cette organisation. Nous voulions aussi laisser l’espace et le temps pour que l’ensemble d’entre vous puisse s’exprimer et prenne une part active dans la création de celle-ci. »  – Consultations pour le Congrès de Fondation II, « Pourquoi cette formule? », 1997.

Cette deuxième assemblée officielle compte près de 150 lesbiennes et donne lieu à l’élection du premier conseil d’administration du Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ/QLN). On célèbre d’ailleurs la naissance officielle du RLQ par une ovation debout. La première réunion des administratrices a lieu le 12 juillet 1997. 

C’est également au cours de l’année 1997 que le RLQ s’affiche dans le milieu communautaire en participant à ses premiers événements tels que Divers/Cité à Montréal et la Fête Arc-en-ciel de Québec, et ce, en plus d’organiser ses premières soirées-bénéfice dans des bars.

Article du Magazine Treize. Dossier sur le Réseau des Lesbiennes du Québec, printemps 1997.

Congrès de fondation I

Flyer du spectacle « Rebelles un jour, rebelles toujours », 7 décembre 1996.

1996

Congrès de fondation I

Flyer du spectacle « Rebelles un jour, rebelles toujours », 7 décembre 1996.

La Table de Concertation des Lesbiennes et des Gais du Québec (aujourd’hui le CQLGBT) tient ses premiers États Généraux de la communauté lesbienne et gaie du Grand Montréal pour faire le bilan des recommandations du rapport de 1994, publié par la Commission des droits de la personne et de la protection de la jeunesse « De l’Illégalité à l’égalité », les 1,2 et 3 mars 1996. C’est à ce moment précis qu’une douzaine de femmes lesbiennes se regrouperont pour former le Comité Provisoire du Réseau des Lesbiennes du Québec (CPRLQ) après un atelier sur leurs besoins spécifiques qui présentaient 6 recommandations, dont la création d’un réseau provincial de lesbiennes.

Photo du Congrès de Fondation I – Assemblée Générale, 8 décembre 1996.

« Nous étions les seules à des ateliers non-mixtes pendant toute la durée des États Généraux. N’est-ce pas là en soi une réponse que de vouloir faire le point entre nous sur notre situation (…) Il nous [apparaissait] essentiel aussi de nommer qui nous sommes, de connaître notre histoire, notre réalité comme communauté lesbienne, nos droits (…). Un réseau provincial de lesbiennes est en train de poindre à l’horizon… » – Michèle Rolland – Plein feu sur les lesbiennes, États généraux sur les droits des gais et lesbiennes UQÀM, mars 1996.

Ce n’est que quelques jours après les États Généraux, le 18 mars 1996, que le comité provisoire de fondation du RLQ (CPRLQ) se réuni officiellement pour une première réunion. Le comité adoptera ensuite le premier logo de l’organisation, en septembre, au même moment de l’émission des lettres patentes.

Les 7 et 8 décembre, juste avant les fêtes de 1996, se tiendra la première assemblée générale du RLQ, mieux connue sous le nom du Congrès de Fondation I,. Durant une fin de semaine complète, on présentera des ateliers, des films et enfin, un grand spectacle intitulé « Rebelles un jour, rebelles toujours. »